D é - v i s a g e r

Face à l'autre, où se porte notre regard ?

Il papillonne toujours entre des détails du visage : un œil, la commissure des lèvres, une tension de la narine, trois cheveux en bataille.  Notre regard casse, fractionne toujours un visage.  Cela  suffit à le comprendre.

 

La photographie aussi peut  se focaliser sur les parcelles. Elle sait découper,  zoomer jusqu'à l'excès, elle peut dé-visager.

 

Dé-visager, sans même respecter la fragilité du visage, ni son intégrité. En abusant de sa nudité offerte.  ”Irresponsable !” dirait le philosophe Lévinas.

 

Risquer des déconstructions, des blow-up intimes. Avec pour but de révéler – peut-être davantage qu'un portrait classique – l'unicité, la figure propre, la permanence des êtres dans toute leur diversité.